Nexus six

Qui suis-je ?
Où vais-je ?
Dans l'oeil d'Oshii
Dans l'oeil du Nexus
Dans l'oeil de Valentine
Dans l'oeil de Zoé




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Une fée est cachée en tout ce que tu vois.

Victor Hugo.


Née pour être étoile

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Peel slowly and see...



Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l’aile
D’un jeune oiseau.


Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s’éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !


Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d’étoile,
Qui m’éblouit.


Victor Hugo.





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Dans l'oeil de Kubrick

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A la recherche de Jack et Rose

A l’heure du centenaire du naufrage du Titanic, rappeler que le temps ne saurait altérer le chef d’oeuvre cinématographique de James Cameron, l’un des plus beaux joyaux et l’un des plus grands vertiges qui soient. Dire que Cameron, en filmant le naufrage d’un fleuron de la civilisation (pour ruiner sa prétention à maîtriser Mère Nature, pour ruiner celle des nantis à toujours gagner), a filmé aussi l’une des plus belles histoires d’amour, les plus poignants vestiges et les plus beaux poèmes, les rayons et les ombres de Victor Hugo, l’Ophélie de Rimbaud et la mort des amants de Baudelaire. Dire aussi que Titanic, en filmant un crachat au visage et une galerie de photos de femme libre, s’évertuait à venger toutes les héroïnes sacrifiées et crucifiées de Mizoguchi. Alors qu’Avatar donnait à voir de fantastiques chimères, Titanic offrait au spectateur l’une des plus palpitantes poitrines que des yeux de cinéphages aient contemplées ainsi qu’une sublime voûte étoilée dédiée à accueillir des centaines d’âmes gelées, avant de lui offrir les plus belles noces post-mortem. Alors qu’Avatar donnait à son héros la faveur de voir, Titanic offrait au spectateur l’immense privilège d’écouter le coeur d’une femme et son océan de secrets : l’océan de Rose Dawson. Et de voir son précieux couler dans l’océan pour rejoindre le jeune homme qui l’avait sauvé : Jack Dawson. A raconter une tentative de génocide ou une catastrophe, Cameron ne cesse en réalité de filmer des rayons fabuleux, des rayons nommés Jake et Neytiri ou Jack et Rose.


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Ode à Meiko

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Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Paul Verlaine. Frantz Schubert aussi dans le quintet D 956 adagio.





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The Lovers

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d'Utamaro...

Voulez-vous vous joindre à nous ?


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Voir / écouter Nang Nak et mourir...




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Voir Il était une fois en Chine et bondir...




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A Valentine et à ses joies futures...

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A ma fille Adèle

Tout enfant, tu dormais près de moi, rose et fraîche,
Comme un petit Jésus assoupi dans sa crèche ;
Ton pur sommeil était si calme et si charmant
Que tu n’entendais pas l’oiseau chanter dans l’ombre ;
Moi, pensif, j’aspirais toute la douceur sombre
Du mystérieux firmament.

Et j’écoutais voler sur ta tête les anges ;
Et je te regardais dormir ; et sur tes langes
J’effeuillais des jasmins et des oeillets sans bruit ;
Et je priais, veillant sur tes paupières closes ;
Et mes yeux se mouillaient de pleurs, songeant aux choses
Qui nous attendent dans la nuit.

Un jour mon tour viendra de dormir ; et ma couche,
Faite d’ombre, sera si morne et si farouche
Que je n’entendrai pas non plus chanter l’oiseau ;
Et la nuit sera noire ; alors, ô ma colombe,
Larmes, prière et fleurs, tu rendras à ma tombe
Ce que j’ai fait pour ton berceau.

Victor Hugo




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L’âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l’homme ne va pas.

Victor Hugo, Au hasard Balthazar aussi.

Mon dieu, c’est plein d’étoiles…


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Quand les hommes ont rendez-vous…

Dans L’armée des ombres ou Le cercle rouge, par Jean Pierre Melville et Eric Demarsan, Jean Pierre Cassel et Paul Crauchet, Lino Ventura et Paul Meurisse, Alain Delon et Gian Maria Volonté…




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Bretonne

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Sur les hautes falaises qui toisent le Ciel, ou sur l'océan indompté,
Me voilà si grande, à prier à toutes les marées,
Et si humble, à plier à tous les vents,
Pour danser à la lune venue,
Et célébrer cette Bretagne si chère à tous les sens, comme aux plus profonds tourments,
Tout autant que les planètes et les soleils grandioses au-dessus…




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Explosions in the sky and in the hearts...

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Aux lumières du vendredi soir et au ciel du samedi...



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A la mémoire de 6, 7, 20, 33...

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A celle de 44, 85...

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Clear Eyes, Full Hearts, Can’t lose…

Texas pour toujours…

Friday Night Lights aussi…


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Jesse Pinkman, by the great Aaron Paul, dentro de la sublime serie Breaking Bad. Peekaboo Captain Cook. I’ve seen things you people wouldn’t believe… It's full of stars...


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Mais qu'avez-vous fait à Lucie ?


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dans la voix de Nico...



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Je suis fatigué, je suis las
Je pourrais dormir pendant mille ans
Un millier de rêves qui me réveilleraient
Différentes couleurs faites de larmes

Venus in furs, The Velvet Underground and Nico





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Signé Grace Slick


Dans la voix de Grace
Voyage au pays du lapin blanc...

Une pilule te fait devenir plus grand, et une pillule te fait retrecir
Et celles que maman te donne ne font rien du tout

Va demander à Alice, quand elle mesure 10 pieds

Et si tu vas chasser les lapins, et que tu sais que tu vas tomber
Raconte leur que la chenille qui fume le narguilé a appelé

Et appelle Alice, quand elle est juste petite

Quand les hommes sur l'échiquier, se levent et te disent où aller
Et tu viens juste de prendre quelque chose comme des champignons, et ton esprit descends

Va demander à Alice, je pense qu'elle sait

Quand la logique et les proportions sont mortes négligemment
Et le chevalier blanc parle a l'envers
Et la dame de coeur veut lui couper la tête
Souviens toi de ce que le loir dit :
Nourris ta tête, nourris ta tête...






Ton souffle est doux
Tes yeux au ciel comme des bijoux
Ta loyauté n’est pas à moi
Mais aux étoiles d’en haut…




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Dit le Nexus...



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On eut dit que son regard, autrefois farouche et flamboyant, avait trouvé son apocalypse. Sa grande joie et sa grande paix. Il en était différemment pour ses bourreaux. Pour eux, ses yeux, autrefois de feu, étaient devenus deux trous noirs. Pour les engloutir. Pour les condamner à une nuit éternelle, eux, les sans-âmes.

Dit Ivan. Dit Andreï...





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Illyria : Veux-tu que je te mentes maintenant ?
Wesley : Oui.

Gunn : Des nouvelles de Wes ?
Illyria : Wesley est mort. J’en ressens un chagrin que je suis incapable de contrôler.
Je souhaite me livrer à plus de violence.

Gunn : Je crois là que tu vas être comblée ma grande…
Bon alors. Prenez les 30000 démons à gauche et je…
Illyria : C’est peine perdue. Tu ne tiendras pas 10 minutes.
Gunn : Alors qu’elles soient mémorables !
Spike: Et au niveau plan ?
Angel : On se bat.
Spike : Tu ne peux pas préciser un peu ?
Angel : Eh bien, personnellement, çà me dirais bien de me faire le dragon.
Allez, au boulot !




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Sur les lèvres de Rachel, s'épanouir et mourir comme un flocon de neige...


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Révéler, chez Wong Kar-wai, le langage secret de la bouche de Zhang Ziyi, dire qu'il échoue en fumerolles de cigarettes, qui deviennent autant de nuages flottants, soit de célestes mirages, dire aussi qu’une larme de Zhang a la pureté de l'opale et la grâce d’une note de piano de Philip Glass, dire enfin qu’une Zhang, visage de fleur et teint de neige, a tout d’une Taizhen (Très pure essence).


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Dire, dans Andreï Roublev, que les mains et les visages des humbles se trouvent pénétrés de la grâce et de la miséricorde des anges.
Dire, d'Andreï Roublev, qu'il fait parler avec une tendre sonorité et une profonde sensualité la pluie et la flore des ruisseaux, les oiseaux et les chevaux, qu'il entretient un lien organique et mystérieux avec la neige et le feu, le bruissement des arbres et la caresse du vent, la brume et le temps.

… et les feux crépitants que voit Andreï embrasent les visages souriants penchés sur les flammes oranges, autour desquelles des jeunes garçons et des jeunes filles en vêtements flottants se poursuivent en poussant des cris de joie,
et, incliné vers un feu, le mince bouleau nimbé de ses premières feuilles délicates, sur les branches duquel des jeunes femmes et des jeunes filles nouent des rubans de cotonnade à toute vitesse, c’est à qui ira le plus vite,
et le cavalier nu montant à cru un cheval blanc à la longue crinière et à la queue déployée, galopant vers la rivière inondée des reflets de la lune d’argent ronde qui vient de se lever au-dessus de l’autre rive,
et les corps nus et vigoureux des garçons et des filles s’enfonçant jusqu’aux genoux dans l’eau qui flamboie au clair de lune,
et le hennissement du cheval qui entre dans la rivière au grand galop,
et les rires,
et les cris,
et les grands gestes des bras blancs comme la craie dans l’air sombre de la nuit,
et les longues étreintes laborieuses des couples sur la terre féconde et bienfaisante qui s’étire, entourée de gens amoureux de leur champ labouré et plongés dans un silence solennel…

Extrait du scénario d’Andreï Roublev écrit par Andreï Tarkovski.

Celui qui trahit une seule fois ses principes perd la pureté de sa relation avec la vie. Tricher avec soi-même, c’est renoncer à tout, à son film, à sa vie : Andreï Tarkovski.


Walk through the fire...



Buffy : Ok. Je suis un gâteau. Je n’ai pas fini de cuire. Je n’ai pas encore pris ma forme définitive de joli gâteau.
Je dois traverser cette épreuve, puis une autre, et peut-être qu’un jour, je m’apercevrai que je suis prête.
Que je suis un gâteau. Et si alors, je veux que quelqu’un me bouffe, ou plutôt se régale d’une
petite part de mon délicieux gâteau tout chaud, çà me va très bien. Ce sera le moment. Quand je serai cuite.
Angel : La pensée qu’on puisse se régaler… Je dois reprendre ton histoire de gâteau ?

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Que tu dégages de ma vue...

Buffy the Slayer




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A la recherche de l'accord parfait


On l’a dit, la vérité du cinéma est bien souvent de relater un désir d’étreinte. La vérité de Gosha est de raconter et de chorégraphier des corps à corps, soit d’intenses saillies, urgentes et fulgurantes. De mettre en scène une obsession charnelle qui, toujours, conduit à une éjaculation sanglante. De filmer des corps tatoués chargés d’érotisme donner la mort et la recevoir, de filmer des femmes fatales fondre sur une proie, sein nu et tanto entre les dents. De voir des corps s’attirer l’un l’autre comme des aimants tragiques, s’exciter, se pénétrer, pour dans la mort rester collés l’un à l’autre. Enfin, de filmer, dans Chasseurs des ténèbres, La mort des amants de Baudelaire.

Nous aurons des lits plein d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous les cieux plus beaux.


Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.


Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;


Et plus tard un Ange, entr’ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.


Charles Baudelaire.



Vous venez de voir Profondo rosso…

Nous dit le générique de fin du maître giallo. Qui, davantage qu’un simple reflet, fige un regard à l’envers. La vérité est souvent à cette condition, nous dit ainsi Dario Argento, pour qui la quête et ses aléas/affres disent et valent plus que la révélation.
D’avoir dans Profondo rosso à mettre en  scène une série de crimes perpetrés pour continuer à en cacher un seul, Argento davantage ici préfère l’ivresse de la recherche de la vérité, celle qui, au commencement dans un théatre, se révèle à une médium, celle qui, plus tard, au rythme stressant et entraînant des Goblins, conduit le héros, un pianiste, à explorer et fouiller une villa viscontienne longtemps abandonnée à son horrible secret, celle aussi qui entend percer le pourquoi d’une comptine pour enfants entendue avant que le tueur ne tente de le réduire au silence, celle encore qui lui permet la découverte d’un dessin infantile racontant un traumatisme, celle qui disparait et réapparaît au gré d’une buée, celle enfin qui lui avait échappé dès le début de l’histoire. D’avoir pris un miroir, et donc son reflet, pour un tableau parmi tant d'autres, la vérité lui était apparue, comme à nous, lors des premières minutes du métrage. De confirmer ainsi pour Argento que la vérité révélée importait infiniment moins que l’investigation onirique et déambulatoire de son héros. D’ajouter donc pour le cinéaste qui va suivre que la vision fantastique du monde importe bien davantage que la froide et morne réalité présumée.


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A raconter des dilemnes et des résistances, 24 culmine lors de ses abandons et lors de ses délivrances.
Après avoir conçu et mis en scène des vies en split-screens pour traduire lesdits dilemnes et résistances, 24 finit sur un gros plan, celui du visage de son héros, Jack Bauer, filmé par un drone qui comme une étoile apparait dans un ciel chargé, celui des Etats-Unis d'Amérique.

Coupe la transmission…

24 : 00 : 00 : 00

Tiens, çà c’est pour la douleur…

Vous venez de voir 24...


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James Stewart, en 1968, n’est plus tout jeune. Quand il pleure Dean Martin à la fin de Bandolero, son visage a beau être bouffi par le poids des années passées à manger la poussière pour le compte d’Anthony Mann ou de John Ford, ses larmes sont faites du minerai le plus précieux, du sel le plus authentique. A quoi il pense James quand il joue cette scène ? Qu’il pleure dans un western pour la dernière fois ? A quoi pense t-il quand il s’écroule une fois les larmes versées ? Qu’il ne fera peut-être plus jamais semblant de s’écrouler dans la poussière, à un souffle d’une cantina ?
Qu’il est touchant le final de Bandolero. Deux frères qui finissent côte à côte, six pieds sous la terre d’un village mexicain abandonné à la poussière du temps. Deux tombes voisines qui regardent dans la même direction, le même rêve : le lointain Montana, plus vraiment loin à vols d’âmes.

Bandolero



Dans les bras de Karl le SS, elle réintègre son identité et redevient Edith la juive qui, à 14 ans, avait été soustraite de ses parents, partis pour la chambre à gaz. Edith demande à Karl de lui retirer son insigne de kapo et récite une prière.
Lui, Sasha, n’a pas couru. Il est resté dans la fosse, parmi les cadavres. D’avoir perdu Edith, sa bouche s'est faite trou noir et ne se referme plus. Emportant beaucoup du monde qui va leur survivre. Un monde qui ne sera plus le même sans Edith et Sasha.
Rivette et Daney n’avaient rien compris.

Kapo


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Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté !

Alphonse de Lamartine.

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A celui qui a vu l’ange. Et le rayon qu’il a apporté au monde…

Tout est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux !

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil ;
L'oiseau chante plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sa voix bénit le Dieu de l'âme
Qui, toujours visible au cœur pur,
Fait l'aube, paupière de flamme,
Pour le ciel, prunelle d'azur !

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant ;
Dans les verts écrins de la mousse
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend !

La giroflée avec l'abeille
Folâtre en baisant le vieux mur ;
Le chaud sillon gaiement s'éveille,
Remué par le germe obscur.

Tout vit, et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure ;
Le bois jase ; l'herbe fleurit...
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

Victor Hugo, Les rayons et les ombres. Tarkovski et Ray aussi.


Tsunami

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d’âme…

avalant des nuages
puis recrachant des pétales
le mont Yoshino
(Akitsu aussi)

Buson (et Yoshida)



Le jour qui va commencer ne finira pas. Il ne va finir que pour les autres. Ce sont les autres qui basculeront tout à l’heure dans les ténèbres. Pas nous. Regarde, mon amour : la nuit ne se déchire pas pour se refaire aussitôt. Regarde : cette lumière. Elle ne nous abandonnera pas. C’est maintenant que tout commence pour nous. Maintenant avec cette Aube.

Michel Le Royer alias Maurice Lindet, à Geneviève, dans Le chevalier de Maison Rouge. Quand la France avait une voix et un regard flamboyants. Quand elle faisait pleurer.


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Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
- C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Stéphane Mallarmé.

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Rêve antique

Elle est dans l’atrium la blonde Lycoris
Sous un flot parfumé mollement renversée.
Comme un saule jauni s’épand sous la rosée,
Ses cheveux sur son sein pleuvent longs et fleuris.

Dans les roseaux, vis-tu, sur un fleuve bleuâtre,
Le soir, glisser le front de la pâle Phoebé ?
- Elle dort dans son bain et sa gorge d’albâtre,
Comme la lune, argente un flot du ciel tombé.

Son doigt qui sur l’eau calme effeuillait une rose
Comme une urne odorante offre un calice vert :
Descends, ô brune Hébé ! verse de ta main rose
Ce vin qui fait qu’un coeur brûle, à tout coeur ouvert.

Elle est dans l’atrium la blonde Lycoris
Sous un flot parfumé mollement renversée :
Comme ton arc d’argent, Diane aux forêts lancée,

Se détend son beau corps sous ses amants choisis.

Stéphane Mallarmé. 



En envoyant un pot de fleurs

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune
Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,
Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.
- Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit
Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune
Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.
- Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! -

Et moi, je dors d’un oeil, et je vous dis, Marie,
Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie
D’éclore sous vos mains, et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre coeur !
- Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie
Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Stéphane Mallarmé.


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A l’éternité de Victor Manzon alias Serrano…

Made by William Friedkin, Tangerine Dream, and Bruno Cremer, in Sorcerer.

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Enfin Moi…
Dit le fou au voleur…

Bang Bang. Le coeur était si pressé de La retrouver, et à son long hiver d'échapper, qu’il trouva son Big Bang. Il pleura alors des larmes d’étoiles. Et se fit pur regard, pour se faire pur accord avec un horizon sans frontières. Le coeur était si pressé de La retrouver…

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Respire-moi !
Dit-Elle à l’Univers…

You can’t take pictures of this, lui dit-Il…

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Dans les jardins du paradis, prends ma main...



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Tigre, Tigre, feu et flamme,
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel oeil immortels
Purent façonner ton effrayante symétrie ?

Dans quels cieux ou abîmes insondés
A brûlé le feu de tes yeux ?
Quelle aile osa y aspirer ?
Quelle main osa saisir ce feu ?

Quel bras, quel art
Tordirent les fibres de ton coeur ?
Écoute comme il bat !
Quelle terrible main, quels terribles pieds ?

Quelle chaîne, quel marteau ?
De quel brasier fut ton cerveau
Et l'enclume ? Quelle poigne cruelle
Osa étreindre ses terreurs mortelles ?

Quand les étoiles jetèrent leurs armes,
Et baignèrent le ciel de leurs larmes,
A-t-il souri son oeuvre accomplie ?
Celui qui fit l'agneau, est-ce lui qui te fit ?

Tigre, Tigre, feu et flamme,
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel oeil immortels
Osèrent ton effrayante symétrie ?

William Blake


Qui, comme Michael Mann, raconte des histoires de solitudes, raconte forcément des désirs d’étreinte, donc l’envie farouche de sentir gonflés un coeur désert(é) ou inassouvi et le coeur d’autrui, fut-il déjà épris et fut-il dans la peur et la mort. Qui raconte des désirs de coeurs gonflés peut raconter aussi des histoires de tueurs et de chasseurs. Le sixième sens est né du désir de voir un serial killer goûter devant un lit d’étoiles sa première expérience charnelle dénuée de violence. Après avoir invité sa partenaire à s’enivrer des battements du coeur d’un tigre endormi.




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Décroche-moi la lune...

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Corri uomo corri...

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L’immortel, ce joyau,
se vante, non de ses longues années,
mais de l’éclat lumineux d’un instant.


Rabindranâth Tagore, Les lucioles. John Ford aussi.


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Paresseuse, pourquoi t’entêtes-tu à attendre la pluie ?
Qu’attends-tu, jeune fille, pour rentrer à la maison ?
Paresseuse, pourquoi restes-tu là à danser sous la pluie ?


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Sayonara Mademoiselle Petit caillou

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Gil Grissom by William Petersen. Made in C.S.I.




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Quelle est la vérité du cinéma ? On l’a vu, bien souvent un désir d’étreinte. Quelle est celle d’Un flic ? Celle d’un poème couchant de Verlaine. Soit une larme, bleue rimelle, d’un poignant travesti éconduit par ledit flic campé par Alain Delon. Donc, un désir d’étreinte échoué entre le flic et le travesti en question. Autrement dit, un personnage qui, comme Melville, s’est inventé une vie, qui aurait aimé être quelqu’un d’autre. Le coeur secret du film réside dans cette délivrance lacrymale, dans cette échappée belle et douloureuse, dans cette vérité. A filmer également le désir d’étreinte de son âme bleue avec l’océan souverain, Melville entendait aussi filmer L’homme et la mer de Baudelaire.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.


Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.


Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !


Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !


Charles Baudelaire.


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Robin de Baltimore

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Am I Black enough for you ?
Omar Little by Michael K. Williams. Made in Baltimore, U.S.A. Son Scarface a un coeur énorme.

All in the game, yo. Siesta, yo…





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Film sur les atomes et les photons, se débattant au sein du grand cosmos pour trouver leur petit bout de paradis, polar déjanté qui part dans tous les sens mais qui au final en trouve un beau, le métrage des frères Hark, Lam et To emprunte beaucoup à l’électricité. Triangle raconte l’aventure d’électrons en folie, des électrons libres, à qui on assigne néanmoins un but : amener la lumière. Et la lumière fut, grâce à l’électron de valence du trio, grâce au génie de Johnnie To.

L’électricité ressemble à un effort de la matière pour devenir esprit. On dirait que la matière, par l’électricité, essaie d’avoir une extase.

Ernest Hello.


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Mata nochihodo Hideko

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Il faut que je sorte d’ici
Dit le fou au voleur.
Tout se mélange
Je suis pris au piège…


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Boris Vassilieff dit Trinitrotoluène. Par Francis Blanche.


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Deux hommes lui donnèrent leur bénédiction. Quatre autres agitèrent des amulettes et lui lancèrent un sort. Il laissa trop d’argent sur le comptoir.
Il ressortit. Le ciel respirait. Il palpa la texture de la lune. Les cratères devinrent des mines d’émeraudes.
Une ruelle apparut. Un coup de vent l’y entraîna. Des feuilles s’agitaient et lancaient des arc-en-ciel tourbillonnants. Trois hommes sortirent d’un rayon de lune. Ils portaient des coupe-coupe dans des fourreaux. Ils avaient des ailes d’oiseaux à l’endroit où auraient dû se trouver leurs bras droits.

- Que la paix soit avec vous.
Ils sortirent leurs coupe-coupe et le massacrèrent sur place.



J’ai fait un Rêve,

Au cours duquel j’ai retrouvé Reggie et parlé avec lui sur un bord de mer dans un pays étrange. Il m’a offert une émeraude. La dernière. J’ai été tué dans un rayon de lune. J’ai dansé sur la lune avec les Indiens Muzo. Je les ai vengé aussi. J’ai été tué en voyant des rayons fabuleux. J’ai été tué par des gens qui m’ont dit des choses étonnantes. J’ai libéré des esclaves, j’ai libéré des femmes et des enfants promis aux crocos et au bûcher. J’ai fumé des herbes pour danser avec des esprits. J’ai vu des diables et des anges. J’ai fait l’amour à une Déesse qui m’a dit des choses étonnantes sur l’Amérique. J’ai dansé avec des flammes vertes.

Je suis Crutch.
Je suis Wayne Tedrow Junior.
Je suis Marsh Brown.
Je suis Reginald Hazzard.

J’ai éteint la lumière. Tenant au creux de ma main l’émeraude de Reginald, je me suis posté devant la fenêtre. L’effet des herbes commençait à se faire sentir. La lune transformait l’émeraude en prisme. Des gens entraient dans les rayons du prisme et en ressortaient, et ils me disaient des choses étonnantes.
Un groupe d’hommes se forme, dehors, en ce moment même. Ils lèvent les yeux vers moi. Ils sont armés de coupe-coupe qu’ils portent dans des fourreaux. Ils ont un bras gauche et une aile à la place du bras droit.

Je sens que mon corps se fige peu à peu. Mes pensées se dispersent dès que je commence à les élaborer. Dans un instant, je vais mâcher le stylo avec lequel j’écris. Les hommes ailés pénètrent dans l’hôtel, à présent. J’ai laissé la porte ouverte pour eux.


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Paulie Walnuts by Tony Sirico. Made in The Sopranos.

Wanted

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Boss et fusible pour F.B.I. Chanteur hors pair. Corrado Soprano dit Oncle Junior. Made by Dominic Chianese.


Originals gangsters

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Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire…

La folie des grandeurs. Made in Louis de Funès.


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L’enfer est à lui…
By James Cagney.


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Born to eat and to be wild. To be a serial killer and a serial fucker, or not to be.Tony Soprano and Co. NC-17 rated. May contain very strong sexual or offensive language, strong explicit nudity, very strong gore or disturbing violence, or graphic drug abuse. Made in New Jersey, U.S.A. An american history X and way of life.


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Dire de L’adversaire qu’il raconte l’obsession première de son auteur : voir, entendre, sentir et goûter à nouveau son enfance perdue, pour retrouver sa pureté et son innocence, son âme farouche et rebelle. Dire que le cinéma de Satyajit Ray est voué à retrouver l’odeur envoûtante du frangipanier au pied duquel il se réfugiait pour révasser et se prélasser, à réintégrer la lumière d’un paradis immaculé duquel il s’est exilé, à en réacquérir ses bruits et ses charmes, à percevoir de nouveau le chant d’un oiseau, qui, jamais, ne pourra chanter le même refrain enchanté dans une cage d’un marché de Calcutta. Dire enfin que Satyajit Ray, précellent à filmer des jeunes filles en fleurs, l’est aussi à filmer de suprêmes échappées, et de sublimes haikus…


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Powhatan était parent du loup et de l’abeille,
Frère du noyer blanc.
Fils du coup de foudre écarlate
Et du chêne foudroyé.
Sa grâce féline s’épanouit chez la jeune femme
Qui riait dans les bourrasques et jouait
De sa fierté sauvage avec brio,
Charmant la forêt, les yeux ouverts,
Au printemps,
En Virginie,
Ô Notre Mère, Pocahontas.


Vachel Lindsay, Our Mother Pocahontas.


Nous avons vu tant de choses que vous, visages pâles, ne pourriez pas croire, ni voir ; nous avons vu des cascades de cristal arroser des nuages, et vu ces nuages ravir le coeur de nos frères, nous avons vu de grands et terribles fauves pleurer la grâce de nos soeurs, et vu nos soeurs dompter leurs rêves de conquête ; car nos yeux étaient plein de joies et de chimères, et que nos lits étaient faits de mousse et d’étoiles, nos âmes étaient argentines et nos palais infinis…

Le nouveau monde et Avatar

Chaiyya Chaiyya

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Unité

Par-dessus l’horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ; 
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l’éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j’ai des rayons aussi !» lui disait-elle.

Victor Hugo, Les contemplations.


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A la recherche de Voyou

A l’ombre du dernier tamala, le grand fauve trouva son dernier refuge.
La lune, et ses mines d’opales, éclairaient une âme à la recherche d’un royaume perdu.
A la lumière des étoiles et des galaxies, le dernier tigre rêvait de ses frères et soeurs.

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Va, pensièro

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D’avoir arrangé à Verdi un rendez-vous avec la lune, d’avoir célébré ses paniques et ses saillies sanglantes en les associant au choeur du Nabucco dudit compositeur, et inversement, d’avoir élevé le regard et l’ouïe tout en excitant l’épiderme, Argento, dans Inferno, faisait sienne la poésie de Baudelaire qui veut que la fleur est parfois la promise du mal, que la rose est faite aussi de son épine, que le tombeau le plus beau appartient aussi au ver qui ronge son locataire. Et d’offrir au spectateur tout à la fois un opéra et un voyage à n’en croire ni ses yeux ni ses oreilles, ni son cerveau ni son coeur.


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Depuis le seuil d’une maison, John Ford filmait le deuil d’une présence et l’attente de son retour. Clint Eastwood, dans Gran Torino, filme le crépuscule et le deuil d’une existence.



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Quelle est la beauté et la vérité de Public Enemies ? Qu’il est né du désir de voir un lagon pleurer son écueil, et vice-versa.

Bye Bye Blackbird...


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Ecoute, mon coeur ; dans cette flûte chante
la musique du parfum des fleurs sauvages,
des feuilles étincelantes et de l’eau qui brille ;
la musique d’ombres sonores, d’un bruit d’ailes et d’abeilles.


Rabindranâth Tagore. Kajol aussi, pour Shah Rukh.

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Le lotus préfère s’épanouir au soleil et mourir, plutôt que de vivre en bouton
un éternel hiver.


Rabindranâth Tagore.



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Dire, chez Mikio Naruse, que d’une larme d’Hideko affleure la promesse d’un sourire. Et inversement.



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Un coeur lourd qui, dans un palais endormi, enfin se tait. Une voix amante qui depuis longtemps s’était tue. Deux rires d’outre-tombe, deux rires à l’unisson, incarnant deux âmes flottantes, deux âmes en liberté. Le cosmos en est tout chose. Ainsi s’achève le film de Mizoguchi. Et l’histoire terrestre de l’empereur Hsuan Tsung et de sa favorite Yang Kwei-fei. Alias Très pure essence.

Yang Kwei-fei


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Dans sa prison de glace,
une libellule rêve
au paradis des libellules :
un souvenir qui en secret aspire à mourir,
une âme gelée qui regarde un sourire en peine…

Love Letter de Shunji Iwai.


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Pourchassées,
les lucioles se cachent
dans les rayons de la lune

Oshima Ryôta. Isao Takahata aussi.



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Quelles sont les limites au pouvoir du cinéma ? Aucune, nous répond Isao Takahata en nous racontant l’histoire bouleversante de deux jeunes orphelins dans le Japon de 45 en proie à la faim et à un déluge de bombes américaines. Aucune, car durant le film, et longtemps après, le monde nous est ravi. Nous obligeant à continuer d’entendre Seita chanter à tue-tête l’hymne de la marine japonaise, comme autrefois les anciens combattants d’Ozu. Nous obligeant à continuer de voir Setsuko faire la fofolle un drap blanc sur la tête et jouer à ce qu’elle va devenir, ou serrer contre elle sa poupée de chiffon alors que son regard s’éteint tout doucement, à pleurer de chaudes larmes quand Seita se résoud à refermer le carton. Le film de Takahata convoque les petits fantômes d’Hiroshima ou de Nagasaki, de Dresde ou d’Auschwitz, de Stalingrad ou de Varsovie. Convoque la petite soeur d’Akiyuki Nosaka. Aucune limite, car Isao Takahata, à la fin du film, nous oblige à croire aux fantômes, à croire à un happy end, à croire que Setsuko et Seita, soustraits du bruit et de la brutalité du monde, continuent à vivre en compagnie des lucioles de leur étang préféré, à manger leurs bonbons multicolores favoris, à vivre sans restriction la poésie du monde. Aucune limite donc à l’implication, car à la fin de l’histoire, il nous plait à aimer que le monde n’appartient plus qu’à Setsuko et Seita qui, retirés de la civilisation galopante, continueront à vivre côte à côte longtemps après sa chute.


A la recherche de Cuba

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Je suis Cuba. Une fois, Colomb débarqua ici. Il écrivit dans son journal : “C’est la plus terre que des yeux d’humains aient contemplée. Merci, Senior Colomb ! Quand vous m’avez vue pour la première fois, je chantais et je riais, je saluai les voiles avec mes palmes. Je crus que vous m’apportiez le bonheur. Je suis Cuba. Mon sucre, les caravelles l’emportaient… mes larmes, elles les laissaient. Quelle chose étrange que le sucre, Senior Colomb. Que de larmes en lui. Pourtant, il est doux.

Holà chica

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La nuit s’achève sur Miami. Le fracas des armes et le fracas des âmes se sont tus. La nuit, électrique et fièvreuse, fut traversée par deux ondes contraires, Sonny et Isabella. Contraires au mouvement du monde. Durant une brève échappée, sur les terres cubaines où les jours et les nuits, à l’image des corps, fébriles et fragiles, denses et intenses, se déroulent hors du temps. Où la vie ne se reflète pas sur un écran espion mais sur des visages ensoleillés. Où la vie ne se projette pas sur des écrans géants high tech, mais dans les yeux et les sourires amoureux des chicas. Où la vie ne se mesure pas en kilomètres seconde, mais dans l’air du temps. Où elle ne se calcule pas dans l’urgence du moment, dans une boîte de nuit ou dans une limousine, mais s’épanouit sous des douches ou dans des lits irradiés. Où l'âme ne se dévoile pas dans d’immaculées villas, vides de passé, vides d’avenir, mais dans de blanches casas ou de jaunes cafés, chargés de souvenirs. Où la musique, joyeuse et sensuelle, à ciel ouvert, épouse la volonté d’ivresse des corps et des esprits, au lieu de vouloir les exciter dans la frénétique sonorité. Où le fracas des coeurs et des corps n’est pas dicté par les saillies automatiques et la blanche explosion, mais battent et s’emballent en concert et dans l’harmonie. C’était trop beau pour durer. Face à l'océan houleux, juste avant que la nuit ne s'oublie, Sonny et Isabella échangent une dernière caresse, un dernier baiser, un dernier regard, avant de réintégrer le courant.


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Recherché dans 14 comtés de cet Etat, le condamné Tuco Benedicto Pacifico Juan-Maria Ramirez a été reconnu coupable de meurtre, attaque à main armée de citoyens, de banques et de postes, vol d’objets sacrés, incendie criminel, faux témoignage, bigamie, abandon du domicile conjugal, incitation à la prostitution, kidnapping, extorsion de fonds, vente et recel d’objets volés, émission de fausse monnaie, utilisation de cartes biseautées, meurtre, viol d’une vierge de race blanche, détournement d’une mineure de race noire.

Autrement dit, le héros de l'histoire chez Sergio Leone.

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Companeros

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Pour un dollar…

Vamos a matar companeros…



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Pour un penny...


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Alors qu’est-ce qu’on fait ? On continue dans la grâce ?

Ne nous fâchons pas de Georges Lautner et Michel Audiard.

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Bip bip et Coyote qui s'en vont en guerre...


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Chrétiens, venez tous écouter une complainte véritable, celle de trois monstres inhumains, leurs crimes sont épouvantables. Il y a de cela cent vingt ans, ils assassinaient les passants. A Peyrebeille, en Vivarais, dans le département d’Ardèche, sur une route isolée, ils établirent leur commerce, l’auberge est sur le grand chemin où ils égorgèrent les humains. Ces monstres avaient une fille et, bien qu’elle soit si gentille, elle n’avait pas d’amant. Connait-on beaucoup d’auberges où, du soir jusqu’au matin, une fille reste vierge comme la fille Martin ? On ne pourra jamais savoir le nombre de victimes, on les porte à cent trente trois mais il y en a peut-être mille. Fremissez tout noisillon des crimes de cette maison. On avait dans la montagne pour Martin et sa compagne de la considération. En les sachant à leur aide, on croyait à leur vertu, car souvent, ne vous en déplaise, l’estime suit les écus. Joueur d’orgues de barbarie, ce pauvre diable un soir de neige avec un singe travesti à l’auberge fut pris au piège.

A gauche, c’est la forêt, donc les loups ; à droite, c’est le précipice...


Tsunami

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de pétales…

Kijû Yoshida soit loué d’avoir dit que du sang versé d’Akitsu la Voie lactée bien qu’attristée en soit constellée.


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de larmes…

Aidez-moi, aidez-moi…


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Tremblement d’âme…

Signé Akira Kurosawa.


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Flower of carnage

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Ceux qui sont encore en vie, profitez-en pour le rester, tirez-vous ! Mais laissez les membres que vous avez perdus. Désormais, ils m’appartiennent.




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Peter Jackson soit loué d’emprunter beaucoup à la poésie de Victor Hugo : d’embrasser aussi bien le rêve des anges et des petits que la légende des rois, la caresse d’un regard et d’une brise que le fracas des épées et le vent de l’épopée, l’éclosion et le baiser d’une fleur que l’éruption et l’explosion d’un volcan. D’être ordonné aussi par les rayons et les ombres, de faire sienne l’idée que la beauté est à la fois ardente et mélancolique, l’idée aussi qu’un palais n’est rien sans sa rose et la femme à qui elle est dédiée, l’idée que cette rose vouée à lui rendre hommage, et inversement, peut, en se fanant ou par son épine, l’en affecter. De dire qu’un regard de Kong peut être aussi bien une caresse qu’un ouragan. D’avoir serti des cités fabuleuses ou des vestiges ô combien poétiques dans des montagnes, des vallées ou des forêts fantasmagoriques, pétrifié des anges ou des démons pour veiller sur des âmes blanches ou noires, levé des colosses et des tours monstrueuses, ou bien encore des légions de créatures effrayantes pour en suspendre les horreurs en filmant le vol d’un papillon.

A King Kong qui apprend aux bus et aux blondes à voler…


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Fin de cavale. Signé Sam Peckinpah.

Comme les larmes dans la neige

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1868 - Washita.

Sa mort, et celle de notre fils, dans la neige. Abattus par un soldat de Custer. Je vais rater Little Big Horn, mais moi, je meurs avec eux.

Hum Tum, Rayon de soleil aka Little Big Woman…

Les cavaliers de John Ford

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A quoi songeaient les deux cavaliers…

La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu !
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.
Les étoiles volaient dans les branches des arbres
Comme un essaim d’oiseaux de feu.

Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,
L’esprit profond d’Hermann est vide d’espérance.
Je suis plein de regrets. O mes amours, dormez !
Or, tout en traversant ces solitudes vertes,
Hermann me dit : «Je songe aux tombes entr’ouvertes ;»
Et je lui dis : «Je pense aux tombeaux refermés.»

Lui regarde en avant : je regarde en arrière,
Nos chevaux galopaient à travers la clairière ;
Le vent nous apportait de lointains angelus; dit :
«Je songe à ceux que l’existence afflige,
A ceux qui sont, à ceux qui vivent. — Moi, lui dis-je,
Je pense à ceux qui ne sont plus !»

Les fontaines chantaient. Que disaient les fontaines ?
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ?
Les buissons chuchotaient comme d’anciens amis.
Hermann me dit : «Jamais les vivants ne sommeillent.
En ce moment, des yeux pleurent, d’autres yeux veillent.»
Et je lui dis : «Hélas! d’autres sont endormis !»

Hermann reprit alors : «Le malheur, c’est la vie.
Les morts ne souffrent plus. Ils sont heureux ! j’envie
Leur fosse où l’herbe pousse, où s’effeuillent les bois.
Car la nuit les caresse avec ses douces flammes ;
Car le ciel rayonnant calme toutes les âmes
Dans tous les tombeaux à la fois !»

Et je lui dis : «Tais-toi ! respect au noir mystère !
Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre.
Les morts, ce sont les coeurs qui t’aimaient autrefois
C’est ton ange expiré ! c’est ton père et ta mère !
Ne les attristons point par l’ironie amère.
Comme à travers un rêve ils entendent nos voix.»

Victor Hugo. John Ford aussi.

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Les nuages de John Ford

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Nuages, collines de vapeur,
collines, nuages de pierre,
désir d’étreinte
qui se poursuit dans le rêve du temps.


Rabindranâth Tagore, Les lucioles.

Dire aussi que les plus beaux Ford parlent de séparations, de déracinements, d’exils, ou de retraits. Le cinéma de John Ford est fait de soustractions, donc de douleurs, celui de son ami Howard Hawks est fait d’additions, donc d’excitations.
Dire encore que The Searchers raconte comment, depuis le seuil d’une maison, oasis au milieu d’une mer de silences et de splendeurs immobiles, on regarde un cavalier partir, puis revenir. Et inversement.

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Quelle est la beauté de La prisonnière du désert ? Le désir d’étreinte d’une petite fille avec sa poupée trop tôt retirée, le désir d’étreinte entre une jeune fille perdue et un oncle qui, s’il n’avait prêté serment, aurait pu être son père, le désir d’étreinte entre le ciel et les buttes rocheuses de Monument Valley, autrement dit un désir d’embrasser l’éternité, pleinement assouvis quand John Wayne/Ethan Edwards soulève Nathalie Wood/Debbie pour la porter jusqu’au ciel. Et nous avec. Avant de l’étreindre. Au lieu de tuer, John Wayne serre dans ses bras. Le cosmos vient de retrouver son harmonie et sa paix intime. Une colère qui s’évanouit revêt toujours un caractère divin. John Ford n’est jamais allé aussi loin. John Wayne non plus.

Lost

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Ma voie

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Imaginez : un fantasme, une bakuto de l'ère Meiji, une joueuse itinérante qui fait partie du monde des yakuzas de cinéma. Auprès de qui il serait beau de mourir. Un katana à la main, le kimono fendu et ensanglanté, un tigre rugissant dans le dos. Après avoir pu combattre à ses côtés toutes les injustices, avoir pu affronter en sa compagnie les yakuzas qui font affront à la Voie chevaleresque. Après avoir pu admirer son courage de lionne et sa grâce de gazelle, avoir pu contempler ses tragiques pivoines rouges qui ondulent sur son épaule. En s’identifiant à ses compagnons d’arme, les yakuzas vagabonds et mélancoliques notamment incarnés par Ken Takakura.
Imaginez encore : cette héroïne, cheveux aux vents, un tantô sanguignolant dans une main et un révolver fumant dans l’autre, après avoir décimé un clan entier, son visage zébré d’un éclair, avant de régler son compte au chef dudit clan. Un éclair signé Kato Tai.
Imaginez enfin : après un deuil, trois regards qui, avec classe, décident d’affronter seuls une horde de yakuzas sans honneur. Puis une barque, qui les conduit nonchalamment dans la nuit, des flocons qui commencent à flotter. A l’issue d’un combat enragé, dans un quartier d’Osaka sous la neige, des dixaines de yakuzas en kimonos noirs, têtes inclinées et lanternes à la main, formant une haie d’honneur à Oryu la légendaire Pivoine rouge et ses deux acolytes. Soit un très beau chant du cygne, signé Buichi Saito.

Lady Yakuza

My way...

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de Shunji Iwai...

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Car l’âme d’une fleur parle au coeur d’une femme…

Victor Hugo. Mikio Naruse aussi.

Mémoires de geishas

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Embrasse-moi idiot !


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Que ce soit dans la joie ou les larmes…

Kajol shatoyée

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Reflets de Shah Rukh dans les yeux en or de Kajol.

Le Shah kajolé

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Tes larmes qui ont coulé de mes yeux ont redonné le sourire à mes peines.


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Rendez-vous

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Ma belle amie est morte,
Et voilà qu’on la porte
En terre, ce matin
En souliers de satin.


Elle dort toute blanche,
En robe de dimanche,
Dans son cercueil ouvert
Malgré le vent d’hiver.


Creuse, fossoyeur, creuse
À ma belle amoureuse
Un tombeau bien profond,
Avec ma place au fond.


Avant que la nuit tombe
Ne ferme pas la tombe ;
Car elle m’avait dit
De venir cette nuit,


De venir dans sa chambre :
« Par ces nuits de décembre,
Seule, en mon lit étroit,
Sans toi, j’ai toujours froid. »


Mais, par une aube grise,
Son frère l’a surprise
Nue et sur mes genoux.
Il m’a dit : « Battons-nous.


Que je te tue. Ensuite
Je tuerai la petite. »
C’est moi qui, m’en gardant,
L’ai tué, cependant.


Sa peine fut si forte
Qu’hier elle en est morte.
Mais, comme elle m’a dit,
Elle m’attend au lit.


Au lit que tu sais faire,
Fossoyeur, dans la terre.
Et, dans ce lit étroit,
Seule, elle aurait trop froid.


J’irai coucher près d’elle,
Comme un amant fidèle,
Pendant toute la nuit
Qui jamais ne finit.


Charles Cros.


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Onnano Urami Bushi…

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Quand rapidement elle passa près de moi, le bout de sa robe me frôla.
Comme une île inconnue vint de son coeur une soudaine et chaude brise de printemps.
Un souffle fugitif me caressa, et s’évanouit, tel s’envole au vent le pétale arraché à la fleur.
Il tomba sur mon coeur comme un soupir de son corps et un murmure de son âme
.

Rabindranâth Tagore, Le jardinier d’amour.


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La jeune fille de l'eau

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Cauchemar d’aurore…

Trauma raconte l’histoire d’une saloperie de lézard qui ne peut s’empêcher de bouffer un joli papillon. En cela, il ne déroge pas aux autres Argento. Mais des meurtres orchestrés par le créateur de nos plus beaux cauchemars, on préfère cette fois-ci l’appel et le requiem à Nicholas ou le regard porté par un père à sa fille en pleine éclosion. Un appel et un regard chuchotés et obsédants. De voir échapper son enfant, le père en question manifeste une peur bleue, éperdue et vertigineuse, qui trouve son point culminant lorsque le héros du film se lance à la recherche d’Aura dans un lac noir profond et la retrouve flottante dans un tableau paisible aux motifs enchanteurs. Bien plus qu’une histoire de têtes coupées dans un coffre de voiture, Trauma raconte l’histoire d’un magnifique sillage de lune sur un lac tellement opaque et d’un tableau éminemment poétique.

Aura, reviens. Aura, où es-tu ? Je ne te ferai jamais de mal. Je t’ai cherché partout.

Ruby Rain
Sliding down my face
Ruby Rain
Following my trace
Too late now, I’ve found you
…

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Ophélie

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
- On entend dans les bois lointains des hallalis.


Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.


Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.


Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d’or.


II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;


C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;


C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !


Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton oeil bleu !


III

- Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


Arthur Rimbaud.

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Miss Salma

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Regardez comme elle prend du plaisir avec son serpent…


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Apocalypto

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L’Apocalypse selon Sainte Anna et Sainte Lucie.
Apocalypse, du terme grec Apokalupsis et traduit de l’hebreu Nigla, qui signifie : mise à nu, enlèvement du voile, révélation.

Anna, t’es là ?
Je suis là.
Anna ?
Oui Lucie.
Pourquoi t’as jamais peur, toi ?
J’ai peur.
Oui, mais pas comme moi.
J’ai pas vécu ce que t’as vécu. Comment faire pour ne plus avoir peur ?
Faut se laisser aller, je crois.
Tu crois ?
Faut se laisser aller.
Si j’y arrive pas, tu seras là ?
Oui.
Tu me manques.


Lucie et Anna.

Martyrs de Pascal Laugier.

Et l’on voit tout au fond, quand l’oeil ose y descendre,
Au-delà de la vie, et du souffle et du bruit.


Victor Hugo, Ce que dit la bouche d’ombre.

Lucie, t’es là ?
Oui Anna.


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Apocalypse now…


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Neige de printemps

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De quels rêves étaient faites les nuits de Mikio Naruse avant de filmer les mélancolies sublimes d’Hideko Takamine ?
De quels songes étaient faits les sourires d’Hideko Takamine ?
D’une neige de printemps…


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Le corps d'Oyuki

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Signé Buichi Saito dabs L'âme d'un père, le coeur d'un fils.


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Les griffes de la nuit

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Les femmes damnées de Coppola

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Le Dracula de Coppola ne se nourrit pas tant du sang des vierges que de leurs rêves érotiques. C’est sous la forme d’un loup-garou qu’il va, une nuit d’orage, combler ceux de Lucy. Ainsi seront pleinement assouvis ses désirs de pénétrations sauvages et de chevauchées fantastiques.”J’ai encore le goût de son sang dans la bouche”, hypocrite Lucy car le vampire, on le sait, ne pénétre ses victimes et de son sang n’éjacule que s’il y est invité. Celles qui ont l’honneur d’y goûter sont triées sur le volet. Le sang de Dracula, il est vrai, est délétère, le vampire de ces dames ne le dispense pas à la légère. A défaut de donner la vie, il abreuve d’une jouvence éternelle celles qui ont la chance d’en être investi. Vite épuisée, la scandaleuse Lucy va pouvoir rejoindre la liste très select des fiancées du maître. Morte vivante et damnée.
Dracula cependant n’a pas traversé les océans pour assouvir un vulgaire désir. Le Dracula de Coppola ne rêve que de conquérir Mina, réincarnation de son épouse bien-aimée Elisabeta, cause de nombreux empalements. Vite conquise, la douce Mina qui n’en peut plus d’attendre suppliera son prince charmant de pouvoir consommer son précieux breuvage. Et réciproquement ! Et pour ce Bram Stocker’s Dracula de satisfaire le désir et le plaisir profond du spectateur. D’assister à un flirt lesbien sous la pluie, en guise de préliminaire aux futures effusions et saillies sanguines de Dracula. De voir Winona en nuisette d’un bleu diaphane dévaler les marches d’un manoir tandis que les fiancées de Dracula, les seins nus, sont toutes occupées à pomper ce nigaud de Jonathan. De voir sur pellicule des coeurs qui palpitent, des corps concupiscents qui ardemment désirent s’affranchir des carcans. De voir finalement une histoire d’amour fou rejoindre une geste érotique, celle d’une jeune victorienne rêvant de levrettes.


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Tristesses de la lune

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Les bienfaits de la Lune

La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit :  « Cette enfant me plaît. »

Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s’étendit sur toi avec la tendresse souple d’une mère, et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes, et tes joues extraordinairement pâles. C’est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis; et elle t’a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l’envie de pleurer.

Cependant, dans l’expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux ; et toute cette lumière vivante pensait et disait : « Tu subiras éternellement l’influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière. Tu aimeras ce que j’aime et ce qui m’aime : l’eau, les nuages, le silence et la nuit; la mer immense et verte ; l’eau uniforme et multiforme ; le lieu où tu ne seras pas ; l’amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses ; les parfums qui font délirer ; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d’une voix rauque et douce !

« Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j’ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l’eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas, la femme qu’ils ne connaissent pas, les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d’une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie. »

Et c’est pour cela, maudite chère enfant gâtée, que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.

Charles Baudelaire.

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S’offrir est mourir un peu…
Dellamorte Dellamore Anna Terzi.

Dans Le chat à neuf queues de Dario Argento.


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Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.


Verlaine, Chanson d’automne. Jean-Pierre Melville aussi dans L’armée des ombres.

Le dernier souffle

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Il faut marcher seul, sans commettre de péché, avec peu de souhaits, comme un éléphant dans la forêt.

Mamoru Oshii. Jean-Pierre Melville aussi.

Avant de marcher pour le cimetière des éléphants.

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Une âme, selon Melville ?
Un esprit vagabond lassé de vagabonder. Qui, de corps en corps, rêve d’histoires d’amour et d’honneur, esquissées par des regards, soit des frôlements d’âmes. D’histoires de résistants. D'histoires de samouraïs. D’histoires révolues. Avant d’aspirer à retourner au cosmos.


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Quelle est la beauté et la vérité du cinéma de Kenji Mizoguchi ? Donner à la lumière de ses films la grâce d’éclairer les âmes des jeunes filles, avant, pendant et après leurs désillusions. Donner aux ombres (autrement dit des faiblesses, en l’occurence celles des hommes) le pouvoir d’éroder leurs rêves et leurs sourires. Donner aux cerisiers et au son du koto l’ivresse de les consoler. (Et celle de nous languir.) Donner à ses mouvements de caméra la faveur de figurer le cours d’une rivière. Qui lui-même figure le cours d’une âme, de ses mélancolies à ses ruines. Jusqu’à son estuaire. Jusqu’au Grand Océan.

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Oyu-sama ne déroge pas aux autres Mizoguchi : il coule comme une rivière au milieu de cerisiers volages et immaculés. Et la rivière de s’écouler comme un long sanglot.


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Dans un étang gelé,
Une âme et des pieds nus,
Un coeur qui s’endort,
Un murmure dans l’eau
Et la forêt qui s’est tue…
De son trépas,
la lune n’éclaire plus
que le sillage d’Anju…




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Du meurtre des deux fillettes dans M le maudit, Lang ne montre rien tout en montrant beaucoup plus : deux ballons vagabonds, deux ballons orphelins…


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To-o kami emi tame...


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A la recherche de Balthazar

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To-o kami emi tame...


A la recherche d'Anne Boleyn

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Les êtres étoilés que nous nommons archanges
La bercent dans leurs bras au milieu des louanges,
Et, parmi les clartés, les lyres, les chansons,
D’en haut elle sourit à nous qui gémissons.
Elle sourit, et dit aux anges sous leurs voiles :
Est-ce qu’il est permis de cueillir des étoiles ?


Victor Hugo, Les contemplations.


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Dellamorte Dellamore Anna.
Rest in peace...

Désolé, mais la dame veut seulement les étoiles...


Kill Jason Bourne

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Où va aller le nouveau-né ?


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Monts et merveilles...


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What more you want, Buffy ?

Un missionnaire passionné pour Angel, une levrette sauvage et des chevauchées fantastiques pour Spike. Buffy tout contre les vampires : la création de Whedon, sous couvert d'une mission, est le récit d'une initiation, donc d'une transformation. Buffy relate une histoire de pénétrations ou de velleités de pénétrations, forcément contradictoires, et de jouissances. Donc d'abandons. Autrement dit, Buffy relate l'histoire d'une jeune femme qui apprend à manier des pieux.

Que le spectacle commence...

Je n'ai jamais avalé quelque chose d'aussi bon...


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Welcome to hell. Have a very bad trip, motherfuckers.
Je suis Shosanna…


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(Alors, comment il s’appelle ?)
Morveux.
(T’as dit Morveux ?)
Ouais, c’est çà.
(“Morveux”, çà lui plait ? Ce type que sa mère s’est fait chier à appeler Omar Isaiah Betts. Tu sais, il oublie sa veste. Son nez se met à couler et un connard, au lieu de lui passer un kleenex, l’appelle "Morveux”. Et voilà, il est baptisé pour toujours. C’est vraiment pas juste.)
Faut croire que c’est la vie.
(Alors, qui a tué Morveux ?)
Je ne vais pas au tribunal. Quand même, cet enculé aurait pas du le tuer.
(C’est très vrai.)
Il aurait pu lui casser la gueule, comme on fait d’habitude.
(Je suis bien d’accord.)
Et il tue Morveux. Morveux fait les mêmes trucs depuis des années. Tuer un mec pour des conneries. Tous les vendredis soirs, dans la ruelle derrière le magasin discount, on joue aux dés. Avec les gars du quartier, on joue toute la nuit. Et chaque fois, Morveux venait lancer les dés. Il jouait jusqu’à ce qu’il y ait une cagnotte puis il se cassait avec.
(Chaque fois ?)
Il pouvait pas s’en empêcher.
(Que je te comprenne. Tous les vendredis soirs, toi et tes potes, vous jouez aux dés. Et tous les vendredis soirs, ton pote Morveux attendait qu’il y ait de l’argent sur la table et puis se cassait avec en courant ? Vous le laissiez faire ?)
On lui cassait la gueule. Mais personne est allé plus loin.
(Laisse moi te poser une question. Si Morveux se tirait chaque fois avec l’argent, pourquoi vous le laissiez jouer ?)
Quoi ?
(Si Morveux volait toujours l’argent, pourquoi le laissiez-vous jouer ?)
Fallait bien. On est en Amérique.


Welcome to Baltimore, U.S.A…
Speciale dedicace à Omar Little, et Morveux.

Une faille dans le cosmos

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Les britanniques ont le sens de la momie, au point d’attendre son réveil avec une ardente envie…


Dellamorte Dellamore Sharon

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Mais qu’avez-vous fait à Sharon ?


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Les anges tirent la langue aussi...


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Chak de India !


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